IMPACT SUR LA FRATRIE

 » Mon petit ange,

Dans ce long cheminement du deuil et comme toutes les maman’ges, j’ai des hauts et des bas…

Aujourd’hui c’est un bas.. l’impact de ton départ si brusque est dur à gérer pour ta sœur. A 4 ans, il est difficile de comprendre réellement ce qu’il s’est passé. Elle éponge nos émotions comme elle peut.. et elle était si heureuse d’enfin devenir grande sœur, après 2 ans d’attente…

Elle t’aimait déjà tant et c’est très dur pour moi à gérer… entre ma tristesse à moi et la sienne je ne sais parfois plus comment faire face à cette impuissance.
C’est compliqué je trouve, parce qu’on voudrait vous protéger, on veut une vie idéale pour nos enfants … Et finalement arrivent des événements totalement hors de contrôle, et on ne peut absolument rien faire pour vous en protéger… simplement vous donner des outils pour grandir avec, et faire de cette épreuve une force.

On a toujours été pour expliquer les choses, de façon simple, mais dites. On lui a donc expliqué de manière plus imagée ce qu’il s’était passé car c’était important qu’elle comprenne pourquoi nous étions tristes. Nous lui avons dit que tu étais trop malade et trop petit pour que les docteurs puisse te soigner…
Elle l’a compris, à sa façon et comme elle a pu je pense, mais elle demande encore si tu peux revenir à la maison…

Vous, les enfants, avez un rapport à la mort bien particulier et votre façon de gérer le deuil est différente de la notre. Mais il faut vous parler, pour éviter de vous faire culpabiliser. Car ce n’est pas de sa faute, et si on ne lui avait pas dit, parfois l’imagination aurait pris le dessus…

Depuis ton envol, le plus dur est de l’entendre répéter qu’elle ne veut plus être toute seule, qu’elle voulait te voir et qu’elle voulait jouer avec toi car elle t’aime vraiment… et c’est horriblement difficile…

Mais on s’aime, et ce lien est plus fort que tout. Les câlins se multiplient alors, et je redouble d’énergie pour faire force de ma présence pour elle. Dans un sens, ta sœur est une héroïne, car elle me fait tenir debout et avancer. J’ai beaucoup de chance, finalement, et je le mesure. Alors on va se battre, et on va être forts. Je craque aujourd’hui parce qu’une maman ne peut supporter de voir son enfant, sa chair malheureux. Et sa tristesse me déchire le cœur mais je me dis que tant d’autres moments de bonheur vont venir ensuite apaiser la plaie… Alors patience…

Je t’aime mon petit ange. »

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Alors, si vous, parents, traversez la même chose, je vous donne mes petites astuces pour tenter de pallier au manque en attendant que le temps face son effet :

  • j’ai trouvé plusieurs livres pour enfants, qui explique le deuil périnatal, par le vécu d’un autre enfant. Avec des mots d’enfants en fait et cela lui a permis de mieux comprendre l’injustice qu’elle subissait, comme nous.

Il en existe plusieurs comme :

  • « Léa n’est pas là » – Anne Isabelle et David ARIYEL
  • « Oscar et Léonard » – Anne Isabelle et David ARIYEL
  • « Pour toute la vie » – Sophie HELMLINGER et Didier JEAN & ZAD
  • « Si on parlait de la mort » – Catherine DOLTO
  • « Un petit frère pour toujours » – Marie Hélène DELVAL
  • Il ne faut pas hésiter à aller voir un psy pour se rassurer aussi sur l’état de notre enfant. Personnellement, je l’ai fait, une fois. Et il m’a dit qu’il n’y a pas d’inquiétude tant que son état général ne change pas, elle doit gérer ce « paquet » d’émotions, d’énigmes, et de questionnements… c’est normal. C’est sain qu’elle en parle, quelques soient les questions qu’elle pose, tant que ça sort c’est que son cheminement avance. Le temps fera son travail et cette épreuve fera partie de sa vie comme de la notre et l’aidera à se construire. Elle sera plus forte que jamais après ça et nous, nous serons une famille plus unie, plus soudée que jamais et encore plus remplie d’amour.
  • Passer plus de temps avec eux. Sorties à la piscine, visites de zoo, de fermes, faire un pique nique, aller au parc, à la mer, faire du vélo… Sortir et simplement profiter de cette nature si belle, qu’on oublie trop de regarder.
  • Sourire et rire à ses bêtises, simplement et prendre le temps de l’écouter, de la rassurer, ne pas s’énerver.

Ce ne sont que quelques petits exemples, mais chaque enfant a ses besoins et réagit à sa façon.

Alors faîtes au mieux, suivez vos instincts, faites vous confiance de toute façon c’est notre rôle. Et vous avez le droit d’avoir des bas. C’est ce qui nous fera remonter.

 

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Illustration : Korrig’Anne –> https://korriganne.com/

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